mercredi, février 17, 2010

Tatuaje Havana VI - Hermoso

Le hasard faisant parfois bien les choses, Guillaume Tesson consacrait il y a quelques semaines sur son excellent blog un billet à Pete Johnson et sa marque nicaraguayenne Tatuaje alors que j' étais en attente d' une boite... Dingue, ouf', décoiffant non ? La vie, des fois, c' est comme une boite de chocolat...

La gamme est fournie, non disponible pour le moment en France (il se peut que ça change auquel cas j' y reviendrai) et à défaut d' avoir testé les Reserva qui semblent être le haut de gamme du catalogue, j' ai opté pour la série Havana VI, constituée de cigares premium "medium-bodied" donc plus doux que les "full-bodied" et 100 % Nicaragua, module Corona Gorda.



(Je sais, la photo est floue, c' est voulu, je suis un artiste, pas un photographe de baluche...).

Je passe sur l' esthétique, irréprochable, et la couleur cacao qui donne envie de croquer dedans; ce qui serait une mauvaise idée à moins d' avoir envie de jouer de la flûte traversière... Le cigare est comme souvent dur au toucher mais le tirage est parfait, ni trop ample ni trop fermé (DTC le cubain, once again !).

L' entame est assez douce, et une saveur marquée et persistante de caramel au beurre se détache rapidement. Le cigare monte doucement en puissance dans sa seconde moitié et vire vers des arômes lègers de moka et de caramel pour un final comme annoncé moyennement rassasiant mais agréable.

C' est un cigare plaisant mais non dédié à mon avis à la dégustation contemplative, plutôt un bon cigare de compagnie (moi et mon journal) à réserver aux matinée accompagné d' une boisson qui n' écrasera pas ses arômes comme un thé par exemple...

J' aurais pu être déçu mais j' avoue ne pas être mécontent de pouvoir compter dans ma cave sur des moments de douceur quand je n' ai pas envie de m' envoyer un missile sol-air avec contre-mesures en direction du palais genre la série V d' Oliva...

Aux environs de 6.5 $, je le trouve néanmoins un peu cher mais il est vrai que Pete Johnson façonne des cigares de qualité et comme on dit, mon bon môsieur, "la qualité ça se paye" (et puis c' est un biker façon Sons of Anarchy et ça coûte cher, les Harley avec guidon en cornes de vache et sacoches à lanières...).

3.5/5 sur mon échelle de miam/gloups/yabon.

A suivre pour le reste de la gamme si...

P.S : le chat est resté sur mes genoux quasiment tout du long, preuve que la fumée n' envahit pas tout l' espace dès l' allumage façon "Operation Desert Storm shot the talibans, bastards !"...

2 commentaires:

Jean-Michel Haedrich a dit…

Juste une réflexion. Non sur ton jugement à propos de ce cigare que je ne connais pas, mais… Pourquoi ces fabricants de cigares nicaraguayens (et bien d'autres) s'appliquent-ils à utiiser le mot "Habano" ou (dans ce cas-ci "Habana") pour nommer leurs cigares? Parce qu'ils sont capés de feuilles provenant de plants Habana élevés chez eux (ou ailleurs, mais pas à Cuba)? Sans doute, mais… J'avoue que cet artifice m'agace un peu. Combien de néophytes se laissent abuser?

Quant au tirage… Évident qu'il est parfait. Les feuilles de Nicaragua et du Honduras sont plus fines, moins riches en gras que les feuilles de la Vuelta Abajo. Cela dit, il me semble que les problèmes de tirage sur les Habanos sont de plus en plus rares. Aujourd'hui, toutes les manufactures cubaines disposent de ces machines à tester les "poupées". Et le Habano 92 a, heureusement, déserté les plantations de là-bas.

erwan a dit…

Salut Jean-Michel !

Pour les noms dérivés du Havane je partage votre avis, c' est une pratique que je ne trouve pas pertinente et qui entretient plus ou moins volontairement la confusion même si les amateurs américains ne sont pas dupes, embargo oblige. J' y vois un mélange d' hommage aux racines (lointaines) de certains cigares pour leurs graines et d' opportunisme. Cela vous agacera encore plus quand vous saurez que ces cigares sont confectionnés par la fabrique "El Rey
de Los Habanos" basée à...Miami ! Cependant, Pete Johnson travaille avec des cubains (Pepin Garcia) à un retour à la Havane pour ressuciter de vieilles marques dont il est propriétaire, c' est donc aussi un passionné et pas seulement un marketeur...

Concernant le tirage, si j' avais déjà entendu que les feuilles entrent en ligne de compte, ce qui me parait pertinent, je reste en revanche perplexe quant aux machines à tester les poupées. Je ne doute pas de leur existence mais plutôt de leur réelle utilisation. J' ai recoupé mon ressenti avec des témoignages d' autres amateurs sur le forum de P1P2C et de civettiers, il ne semble pas que je sois le seul à m' être détourné de certains cigares qui ont la fâcheuse manie d' être affectés par un mauvais tirage comme le SC1 de Partagas, Le Churchill de Punch, l' Inmensas de Bolivar (liste non exhaustive hélas)... Je sais qu' à Paris, étant donné le stockage et le débit des grandes civettes il est possible de faire ouvrir plusieurs boites pour choisir celle qui conviendrai le mieux à l' amateur amis c' est une pratique inconnue en "province" et il n' est malheureusement pas rare de tomber encore sur des boites où les cigares sont extrêmement durs et difficilement fumables (ça dépend aussi des périodes je m' efforce d' y retourner parfois après avoir été déçu).

Peut-être que les cubains ont aussi pris l' habitude qu' on leur pardonne ces défauts en jouant sur leur image de marque ? Je crains pour eux que les américains soient moins tolérants à leur endroit eu égard à leurs habitudes.

Pour ma part je continue de penser qu' effectivement la Havane façonne quelques cigares à part, magiques et inégalables mais quand je dois investir dans une boite les yeux fermés et non acheter à l' unité, je choisis dorénavant un autre terroir, où je suis sûr qu' à prix inférieur, j' aurai 25 cigares fumables et pas une bûche. Cependant il est vrai, je l' ai déjà dit, que trop de cigares dominicains ou nicaraguayen sans intérêt gustatif peuplent encore les civettes mais Sandro Stroili fait un superbe travail en tâchant d' importer ce qui était alors injustement méconnu et resrvé au terroitoire yankee.